La Barbe

Jeudi 6 novembre 2008

IL y a trois ans environ,  je me trouvais à Beauvais pour une brocante, j'allais  visiter une vieille église prés de là,  Saint-Étienne de Beauvais. En poussant la porte et en me dirigeant vers le bénitier à droite, je vis sans aucun cierge, un crucifix grandeur nature sur lequel était fixé à la place du Christ, un être bizarre, ni homme, ni femme, dont la tête était cernée non d'une couronne d'épines, mais d'une couronne de roi. Cet être avait des cheveux de femme lui tombant jusques à la ceinture, une barbe de sapeur, une gorge plate. Il était vêtu d'une grande robe attachée au bas pour cacher les jambes, et les pieds nus, avec de gros pouces très écartés, n'étaient pas cloués l'un sur l'autre, mais piqués sur le bois, côte à côte. Que faisait ce monarque masqué ou cette souveraine velue, dans une église? Je m'informai près du prêtre de garde. Il me parut peu renseigné. Cette statue, me dit-il, c’est celle de sainte Wildgeforthe, une reine des Wisigoths, qui fut métamorphosée en une sorte de monstre pour décourager des prétendants. Était-elles donc là pour prescrire aux fidèles du sexe mâle de n'avoir à jamais désirer l'oeuvre de chair même en mariage seulement? Rentré à Paris, je recherchais son histoire,  mais je n'y découvris aucune trace  et je ne m'en occupai plus. Son souvenir ne m'avait cependant pas quitté; aussi, quand, un an après, je dus retourner à Beauvais pour retourner a cet brocante, mon premier soin fut de me rendre à Saint-Étienne de Beauvais.   Voici maintenant quelques renseignements qui ont été récemment extraits des archives de Beauvais. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas, ou il y a peu de légendes, dont les artistes se soient  autant inspirés que de celle de sainte Wildgeforthe.   Sainte Wildgeforthe était fille d'un roi de Portugal; qui s’était consacrée à Dieu à l’insu de son père, elle avait, par sa grande beauté, de nombreux prétendants. Elle les évinça quand elle atteignit l'âge de se fiancer, elle fut, à cause de sa beauté, très recherchée.  Amarus , roi de Sicile, envahit le Portugal, défit son armée et il s'apprêtait à imposer les plus humiliantes défaite aux vaincus, quand il aperçut Wildgeforthe et en devint amoureux fou. II la demanda en mariage à son père qui fut heureux de cette aubaine; mais, une fois de plus, elle refusa et, comme il la poursuivait et se préparait à l'enlever, elle supplia Dieu de l’enlaidir. Dieu exauça sa prière et la nuit suivante, il survint une barbe épaisse à la vierge forte. Amarus  perdit aussitôt tout désir de la posséder, quand son père s’aperçut de cette transformation et qu’il en connut l’origine outré de tant de désobéissance et exaspéré par tant de laideur, la fit rouer de coups et ordonna de crucifier sa fille, afin qu’elle eût le même sort que le Christ. Wildgeforthe fut représentée, à partir de ce jour, avec le lis  et la palme  du martyre. Les Chrétiens commencèrent, des lors, à l’honorer et à l’implorer dans les heures de tristesse. Telle est le résumée en quelques […]
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Jeudi 11 mai 2006
  BARBE, assemblage des poils qui garnissent en plus ou moins grande quantité les joues et le menton de l’homme. On a dans le cours des siècles compendieusement disserté sur l’utilité de la barbe et sur le but qu’a du se proposer la nature en faisant à l’ homme un semblable présent. La barbe a telle pour mission de garantir la bouche ? Sentinelle vigilante, est elle placée autour de cette ouverture, comme les cils autour des yeux ? Mais alors pourquoi ce privilège réservé à l’ homme et non à la femme ? Pourquoi l’ homme même n’est il appelé à en jouir qu’ à une certaine époque de la vie ? La nature a t elle voulu plutôt donner à l’ homme un signe visible de sa force, et consacrer ainsi ce vers célèbre :      Du côté de la barbe est la toute puissance ?    
Par lame64
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